sentenza
Cour d’appel de Milano, jugement du 24 juillet 2026, n. 2299
Corte di Appello de Milano
Principe juridique
L'absence de production du dossier de la procédure arbitrale n'entraîne pas l'irrecevabilité ni l'impossibilité de poursuivre le recours contre la sentence, l'obtention du dossier ayant une fonction purement subsidiaire, mais peut au plus conduire au rejet des différents moyens de recours pour défaut d'exécution de la charge de la preuve.
Aux fins de la recevabilité du recours contre la sentence pour violation des règles de droit relatives au fond du litige, la loi à laquelle renvoie l'art. 829, co. 3, cod. proc. civ. doit être identifiée comme celle en vigueur au moment de la conclusion de la convention d'arbitrage, de sorte que, en cas de procédure arbitrale engagée après l'entrée en vigueur du nouveau régime mais en vertu d'une convention conclue antérieurement, à défaut de stipulation des parties, le texte antérieur de l'art. 829, co. 2, cod. proc. civ. est applicable.
La renonciation préalable au recours contre la sentence pour errores in iudicando n'exige pas de formules sacramentelles, mais doit résulter de la volonté expresse et non équivoque des parties, attribuant une signification déterminante au caractère définitif de la décision; ne constitue pas une telle renonciation la clause selon laquelle la sentence arbitrale sera obligatoire pour les associés.
L'autorisation donnée par les parties aux arbitres d'utiliser le critère de l'équité pour la détermination des sommes réclamées n'équivaut pas à une autorisation de statuer en équité plutôt qu'en droit, et n'entraîne donc pas l'irrecevabilité du recours contre la sentence pour violation des règles de droit.
Le pouvoir de rendre une décision en équité se distingue du pouvoir d'évaluer le dommage de manière équitable, en ce que le premier suppose une demande des parties et implique de trancher le litige indépendamment du droit strict, tandis que le second autorise le recours, même d'office, à des critères d'équité pour suppléer à l'impossibilité de prouver le dommage dans son montant précis; ne statue donc pas en équité le tribunal arbitral qui, après avoir déterminé le quantum sur la base des résultats de l'expertise, réduit le montant ainsi constaté.
La procédure de recours contre la sentence ne constitue pas un appel ordinaire et, dans sa phase rescindante, est circonscrite à la constatation des causes de nullité prévues par l'art. 829 cod. proc. civ. et invoquées dans l'acte de recours, sans habiliter le juge à réexaminer au fond la décision des arbitres; c'est seulement au terme d'une phase rescindante ayant abouti à la constatation de la nullité de la sentence qu'un réexamen au fond de la décision arbitrale est possible, en tant qu'objet de l'éventuel iudicium rescissorium.
L'allégation de nullité de la sentence pour inobservation des règles de droit in iudicando n'est recevable que si elle est circonscrite dans les mêmes limites que la violation de la loi invocable par le pourvoi en cassation pour violation ou fausse application de règles de droit; est dès lors irrecevable le moyen par lequel, au moyen du recours en nullité, est contestée l'appréciation des faits allégués et des preuves recueillies au cours de la procédure arbitrale, cette appréciation étant contractuellement remise à la compétence institutionnelle des arbitres.
Est irrecevable le moyen de recours contre la sentence qui introduit une question nouvelle, non soulevée dans la procédure arbitrale.
L'intérêt à attaquer la sentence doit être apprécié au regard de l'utilité concrète que l'éventuel accueil du recours procure à la partie, et ne peut se réduire à un intérêt abstrait à une solution plus correcte d'une question juridique sans incidence pratique sur la décision adoptée; est dès lors dépourvu d'intérêt le requérant qui critique un chef de la sentence se bornant à décliner la compétence arbitrale conformément à sa propre thèse, ou qui invoque l'omission de statuer sur des demandes formées par la partie adverse.
La nullité de la sentence pour défaut de motivation n'est pas concevable lorsque le tribunal a clairement exposé les raisons de sa décision, en se référant aux résultats de l'expertise et en identifiant le fait générateur du droit reconnu, les éléments fondant la décision étant ainsi suffisamment mis en évidence.
La notion d'ordre public pertinente au sens de l'art. 829, co. 3, cod. proc. civ. exprime les principes éthiques, économiques, politiques et sociaux qui caractérisent l'ordre juridique dans les divers domaines de la vie sociale et trouvent leur synthèse dans la Constitution aux fins de la protection d'intérêts généraux; la violation de normes, même impératives, commise par le tribunal arbitral ne rend pas en soi la décision finale contraire à l'ordre public.
La taxation des frais et de la rémunération effectuée directement par les arbitres a valeur de simple offre contractuelle, qui ne devient obligatoire que si elle est acceptée par toutes les parties en litige, de sorte que la partie qui n'a pas accepté cette offre n'a pas intérêt à attaquer le chef de la sentence relatif à la taxation des honoraires des arbitres, de la rémunération du secrétaire et des frais de fonctionnement du tribunal.
Est correcte la condamnation aux frais de la procédure arbitrale prononcée à l'encontre de la partie substantiellement succombante, en raison de l'accueil de certaines demandes de la partie adverse et du rejet des siennes.
Notes méthodologiques
standard
Comment citer
Corte di Appello de Milano, 24 juillet 2026, N° 2299, «Cour d’appel de Milano, jugement du 24 juillet 2026, n. 2299», dans Arbitrage en Italie, https://www.arbitratoinitalia.it/fr/decisione/cour-d-appel-de-milano-jugement-du-24-juillet-2026-n-2299/