En matière d’arbitrage, la déclaration de faillite de l’une des parties à la procédure arbitrale a pour conséquence que l’action en constatation de la créance à l’encontre du failli et en condamnation du syndic de faillite à son paiement ne peut être ni engagée ni poursuivie en siège arbitral, mais doit être exercée exclusivement dans le cadre de la vérification du passif, conformément à l’art. 52 l.fall., en raison du caractère d’ordre public du principe de l’égalité des créanciers qui paralyse l’effet attributif de compétence aux arbitres.
En matière de contestation de la sentence arbitrale, le motif de nullité prévu par l’art. 829, co. 1, n. 4, seconde partie, cod. proc. civ. — selon lequel la sentence est nulle si « le fond ne pouvait être tranché » — est caractérisé par le défaut de potestas iudicandi du tribunal arbitral qui, malgré la faillite survenue d’une partie, a prononcé la condamnation du syndic de faillite à l’exécution d’une prétention de créance qui devait être constatée exclusivement dans la procédure collective.
En matière de contestation de la sentence arbitrale pour nullité au sens de l’art. 829, co. 1, n. 4, seconde partie, cod. proc. civ., la question de la potestas iudicandi du tribunal arbitral — dans le cas où la faillite de l’une des parties impose la procédure collective de vérification du passif au sens de l’art. 52 l.fall. — revêt un caractère préjudiciel par rapport à la constatation substantielle de la titularité de la créance litigieuse et ne peut être conditionnée par celle-ci.
