L’arbitrage contractuel (arbitrato irrituale) se caractérise par la circonstance que les parties entendent confier la résolution des litiges aux arbitres par l’instrument contractuel, au moyen d’une composition amiable ou d’un acte déclaratif (negozio di accertamento) rattachable à la volonté des parties, lesquelles s’engagent à considérer la décision des arbitres comme l’expression de leur propre volonté.
La nature de l’arbitrage contractuel (arbitrato irrituale) exclut le recours contre la sentence pour errores in iudicando, toute doléance relative à d’éventuelles erreurs portant sur l’appréciation des faits et des preuves, sur l’aptitude de la décision à résoudre le litige et sur les aspects juridiques de la décision étant exclue.
La sentence d’arbitrage contractuel (lodo irrituale), ayant un caractère contractuel, n’est pas soumise aux voies de recours processuelles ordinaires, mais uniquement à celles visant à remédier aux vices pouvant entacher toute manifestation de volonté, tels que l’erreur, la violence, le dol ou l’incapacité des parties ayant conféré le mandat ou des arbitres.
La violation du principe du contradictoire dans l’arbitrage contractuel (arbitrato irrituale) est pertinente lorsqu’elle s’est traduite par une erreur ayant vicié la volonté contractuelle exprimée par les arbitres, étant simplement requis que les parties aient été mises en mesure d’exprimer leurs prétentions et les arguments invoqués à l’appui de leurs allégations.
L’arbitrage contractuel (arbitrato irrituale) ne se déroule pas nécessairement selon des formes rigoureuses et des phases progressives, pas même en ce qui concerne le droit des parties de produire des documents et des mémoires ou de présenter des répliques aux déductions adverses, mais exige seulement que soit assurée la possibilité de connaître les raisons respectives et de se défendre, de sorte que chaque partie ait la possibilité de faire valoir ses propres prétentions et de contester celles de l’autre partie.
En matière d’arbitrage, lorsque les parties n’ont pas déterminé dans le compromis ou la clause compromissoire les règles procédurales à adopter, les arbitres sont libres de régler le déroulement de la procédure de la manière qu’ils estiment la plus opportune, même en s’écartant des prescriptions du code de procédure, sous la seule réserve du respect du principe impératif du contradictoire posé par l’article 101 du code de procédure civile.
Le recours contre une sentence d’arbitrage contractuel (lodo irrituale) pour violation du principe du contradictoire suppose qu’il soit démontré concrètement que cette violation a eu une incidence sur l’appréciation de la réalité requise des arbitres, en ce sens qu’elle a entraîné une véritable erreur dans l’appréciation de celle-ci, résultant de l’impossibilité pour une ou plusieurs parties de faire valoir leurs raisons.
La violation du contradictoire dans l’arbitrage contractuel (arbitrato irrituale) peut donner lieu à l’invalidité de la sentence arbitrale dans la mesure où elle constitue une violation du mandat arbitral, ne relevant qu’aux fins du recours contre la sentence au titre de l’article 1429 du code civil, en tant qu’erreur qui, procédant de la violation des limites du mandat conféré aux arbitres, a vicié la volonté contractuelle exprimée par ces derniers.
L’erreur du jugement d’arbitrage contractuel (arbitrato irrituale), invocable dans le cadre du recours, doit, pour être pertinente, réunir les conditions d’essentialité et de reconnaissabilité prévues aux articles 1429 et 1431 du code civil, tandis que l’erreur commise par les arbitres quant à la détermination adoptée sur la base de la conviction formée après avoir interprété et examiné les éléments recueillis n’est pas pertinente.
La sentence d’arbitrage contractuel (lodo irrituale) n’est pas annulable pour application erronée des règles d’interprétation contractuelle, ni pour une appréciation des résultats contractuels différente de celle retenue par les arbitres et en tout état de cause non conforme aux attentes de la partie qui forme le recours.
